Stella – Dixit Universe : l’Interview de Gérald Cattiaux

En Septembre, découvrez chaque semaine les interviews des hommes et femmes "de l'ombre" qui ont créé le jeu de société Stella - Dixit Universe. Dans cette interview, Gerald Cattiaux explique son idée initiale de prototype, ainsi que les différentes émotions qu'il a ressenti tout au long du projet.

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Bonjour Gérald, merci de prendre le temps de répondre à nos questions.

Pour commencer, peux-tu simplement te présenter ? 

Je suis professeur des écoles depuis 1999, métier que j’exerce à temps partiel depuis quelques années. En parallèle, je suis aussi auteur de jeux : mon premier jeu Master Word est sorti en 2020 chez Scorpion Masqué et j’ai d’autres jeux en cours d’édition.

Quel est ton rapport au jeu de société, quand as-tu commencé à jouer ?

J’étais un enfant très joueur, je me souviens notamment au collège et lycée avoir beaucoup joué à la belotte et au tarot. A la fac, je jouais beaucoup également à des jeux du type Pyramide, aux cartes ou aux jeux vidéo, mais je n’avais pas conscience qu’il existait tant de jeux.

J’ai ensuite commencé à travailler et au gré d’une rencontre, j’ai découvert d’autres jeux tels que Boursicocotte, Ilyade et surtout Puerto Rico, et c’était parti. C’est aux alentours de 2005 que je me suis mis à beaucoup jouer. Comme beaucoup de monde, j’ai énormément acheté les premières années, je jouais tous les soirs ou presque, et je consultais beaucoup Tric Trac qui avait des forums vraiment très actifs.

As-tu eu un déclic pour te lancer en tant qu’auteur de jeux ?

J’ai toujours créé des « trucs ». J’ai toujours essayé d’écrire par exemple : des nouvelles, des romans non terminés, des petits textes d’une page ou deux, des lettres d’amour à ma femme… J’ai aussi beaucoup bricolé, j’ai tendance à fabriquer pas mal de trucs.

Dans mon quotidien, j’ai besoin de m’accorder des moments de « création ». A force de jouer à beaucoup de jeux, mon cerveau commençait à se dire « Tiens, c’est dommage ceci, peut être qu’en faisant cela, le jeu prendrait une autre perspective, qu’est-ce que cela aurait changé ? » etc. Alors, je me suis mis à imaginer des jeux, en suivant 2 éléments : les idées qui me venaient, évidemment, mais surtout les sensations de jeux qu’il me manquait et que j’aurai aimé trouver dans un jeu.

Petit à petit, en montrant des prototypes à mon entourage qui me disait que c’était bien, je me suis dit « Pourquoi pas ? ». A partir du moment où j’allais à un festival, autant prendre des rendez-vous et montrer ce que j’avais. J’ai commencé à Essen en 2018 où je ne me suis pris que des râteaux… ! Je suis parti un peu démoralisé, c’est parfois dur quand tu montres tes créations et qu’il n’y a que des refus. J’avais montré des prototypes originaux, peut-être un peu trop, le monde du jeu n’était pas prêt ! -rires- 

Après avoir signé Master Word (chez Scorpion Masqué), mes amis m’ont de nouveau poussé à montrer mes prototypes à Cannes, et c’est là que j’ai présenté « Connivence » à Léa, l’ancienne chargée de projet chez Libellud.

Quel est ton premier souvenir concernant donc « Connivence », qui deviendra « Stella – Dixit Universe » ?

C’est difficile d’identifier précisément le premier souvenir, ou le moment précis où l’idée m’est venue, mais j’ai souvenir de m’être posé sur la table avec des images de Code Names Images (de chez Iello). Au tout départ je voulais même que ce soit fait avec des tatouages. Je voulais demander à plusieurs tatoueurs dans le monde d’imaginer des tatouages afin de créer des croquis polysémiques et que ce soit un projet qui mêlerait jeu de société, et tatouages. Finalement, l’idée à bien sûr beaucoup évolué ! 

La mécanique centrale était la suivante : « si je matche avec les mêmes images que les autres, ça va faire des points ». J’ai repéré évidemment un problème important : il suffisait de sélectionner toutes les images pour être certains de choisir les mêmes que les autres joueurs. Grâce à une règle qui provoquait la fin du tour du joueur en cas d’erreur, et le jeu était quasiment prêt.

Il me tenait à cœur de créer un jeu où les mots ne proviennent pas des joueurs, mais bien du jeu en lui-même. Cela permet d’éviter d’avoir des joueurs et joueuses qui bloquent car ils ou elles ont peur de « se lancer », ou de ne faire des propositions que « trop faciles » ou « trop difficiles ». Là, le jeu est le même pour tous, et tu décides simplement à quel point tu oses faire des choix ou non, en fonction des autres.

As-tu une anecdote marquante par rapport au projet Stella – Dixit Universe ?

Je n’ai pas vraiment d’anecdote, simplement que tout me paraissait long. Une fois que tu donnes ton jeu à un éditeur, la moindre journée sans nouvelle te parait un peu interminable.

Libellud c’est un peu la « Rolls Royce » des éditeurs de jeu de société, et il y avait un relationnel vraiment très sympa avec l’équipe, Régis, et Jean-Louis : j’étais donc très content de me lancer dans l’aventure, et je suis content du résultat ! Le désavantage de travailler avec la Rolls Royce des éditeurs, c’est que dès que tu n’as pas de nouvelles, tu stress rapidement à l’idée que ton jeu ait été oublié dans un placard… J’aime avoir le contrôle sur les choses, donc de confier son projet et ne plus avoir la main dessus était un sentiment un peu difficile.

Heureusement, Léa et Anouk (les deux cheffes de projets) me tenaient au courant dès qu’elles le pouvaient. Je me rappelle en particulier le moment où Léa m’a contacté concernant le choix de l’illustrateur en me disant « Notre premier choix était Jérôme, et nous sommes supers contents car il vient d’accepter le projet ! ». Je n’ai pas perdu de temps pour aller voir ce qu’il faisait et j’ai été soulagé car j’ai directement beaucoup apprécié son style. Je me suis dit « Ouais il est balèze ! » et j’’étais forcément content que mon jeu bénéficie de ces illustrations !

Merci Gérald de nous avoir dévoilé tes souvenirs concernant l’aventure Stella – Dixit Universe.  Nous allons finir sur une note un peu plus légère avec un « Portrait Chinois » façon « Stella ».

 J’ai devant moi 5 cartes mots issus du jeu Stella – Dixit Universe. Comme tu le sais, il y a 2 mots par carte. Je vais simplement t’inviter à répondre spontanément quel mot t’inspire le plus à chaque fois…

Naissance ou empire ? Empire. Curieux ou invitation ? Curieux. Elfe ou malin ? Malin. Je ne suis pas particulièrement attiré par l’univers elfique. Guide ou Disco ? Guide. Cache-cache ou Utopie ? Utopie c’est chouette.

Si tu devais choisir une seule carte de Stella – Dixit Universe ? L’alpiniste.

Si tu avais à disposition un danseur étoile, sur quelle musique tu aimerais voir cette personne danser ? The One, de Metallica

Si tu avais un chef étoilé à ta disposition, que voudrais-tu qu’il/elle te prépare à manger ? Peu importe, mais que ce soit surprenant.

Un ciel étoilé de film ou dessin animé célèbre ? Ouhla, je ne trouve pas…

Un souvenir qui t’a mis les étoiles dans les yeux ? La naissance de mes enfants.

Une citation ? « Ever tried. Ever failed. No matter. Try again. Fail again. Fail better. ». Je pense que cela correspond bien à la création de jeux.

Merci Gérald !

Si cette interview vous a plu, n’hésitez pas à nous le faire savoir sur nos réseaux 🙂
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